🧠Le stress et ses adaptations : de la menace à la résilience
Le stress n'est pas votre ennemi, c'est un système d'alarme millénaire qui vous prépare à l'action !
Introduction
Face à un danger, notre corps réagit en une fraction de seconde : le cœur s’accélère, les sens s’aiguisent, les muscles se tendent. Cette réaction, le stress, est une réponse biologique universelle et essentielle à la survie. Pourtant, lorsqu'il devient chronique, il peut être à l'origine de nombreuses pathologies. Comment ce même processus peut-il être à la fois vital et délétère ?
Pourquoi le stress, qui nous a permis de survivre face aux prédateurs, est-il aujourd'hui considéré comme un "mal du siècle" ?
1⚡ La réaction d'alarme : une mobilisation générale
La réponse immédiate au stress, dite réaction d'alarme ou "fight-or-flight" (combat-fuite), est coordonnée par le système nerveux sympathique. En percevant un stresseur, l'amygdale cérébrale active l'hypothalamus.
La voie rapide est purement nerveuse : l'hypothalamus stimule directement la médullosurrénale via le système nerveux sympathique, provoquant la sécrétion massive d'adrénaline (et de noradrénaline).
Schéma montrant la perception du stresseur par les sens, le traitement par l'amygdale, l'activation de l'hypothalamus et la double voie de réponse : voie nerveuse rapide vers la médullosurrénale (adrénaline) et voie hormonale plus lente vers l'hypophyse puis le cortex surrénal (cortisol).
- 1. Amygdale
- 2. Hypothalamus
- 3. Système nerveux sympathique
- 4. Médullosurrénale
- 5. Hypophyse
- 6. Cortex surrénal
2⏳ La phase de résistance et l'axe HPA
Si le stresseur persiste, une seconde voie, plus lente mais durable, entre en jeu : l'axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien (HPA). L'hypothalamus sécrète la CRH, qui stimule l'hypophyse à libérer l'ACTH. Cette dernière agit sur le cortex surrénal pour produire du cortisol, l'hormone clé du stress chronique.
Hormone glucocorticoïde sécrétée par le cortex surrénalien. Elle a un effet hyperglycémiant (libération de glucose dans le sang), anti-inflammatoire et influence l'humeur et la cognition.
Lors d'une période de révisions intense, le taux de cortisol reste élevé pendant plusieurs jours, mobilisant les réserves énergétiques (lipides, protéines) pour fournir du glucose au cerveau.
Le cortisol exerce une rétroaction négative sur l'hypothalamus et l'hypophyse pour réguler sa propre production et éviter une sécrétion excessive. Un dysfonctionnement de cette boucle est impliqué dans le stress chronique.
3⚖️ Stress aigu vs stress chronique : le concept d'allostasie
Le stress aigu est adaptatif : il permet de rétablir l'homéostasie face à une perturbation ponctuelle. Le problème survient avec le stress chronique, où les systèmes de réponse sont activés de façon répétée ou prolongée. On parle alors de charge allostatique : le "prix" payé par l'organisme pour s'adapter en permanence.
Tableau comparatif des effets à court terme (bénéfiques) et à long terme (pathologiques) du stress sur les systèmes cardiovasculaire, immunitaire, métabolique et nerveux.
- 1. Système cardiovasculaire : Augmentation du débit (aigu) vs Hypertension, athérosclérose (chronique)
- 2. Système immunitaire : Stimulation (aigu) vs Immunosuppression, inflammation (chronique)
- 3. Métabolisme : Mobilisation du glucose (aigu) vs Insulinorésistance, diabète (chronique)
- 4. Cerveau : Vigilance, mémoire (aigu) vs Atrophie hippocampique, anxiété (chronique)
Le stress chronique peut induire une résistance aux glucocorticoïdes dans certaines régions du cerveau, perturbant la rétroaction négative et entretenant un taux de cortisol élevé, nocif notamment pour les neurones de l'hippocampe, essentiel à la mémoire.
4🛡️ Adaptations, régulation et coping
L'organisme n'est pas passif face au stress. Il possède des mécanismes de régulation et nous pouvons agir par nos comportements (stratégies de coping). Le retour au calme est assuré par le système nerveux parasympathique (frein).
Processus cognitifs et comportementaux mis en œuvre par un individu pour gérer (maîtriser, tolérer) les exigences internes ou externes perçues comme excessives.
Face à un échec, une stratégie de coping centrée sur le problème serait de réviser sa méthode de travail. Une stratégie centrée sur l'émotion serait de pratiquer la méditation pour réduire l'anxiété.
L'activité physique régulière, un sommeil de qualité et les liens sociaux positifs sont des modulateurs puissants de la réponse au stress. Ils favorisent la résilience, c'est-à -dire la capacité à retrouver un état d'équilibre après une épreuve.
Vocabulaire
Capacité d'un système à maintenir un état d'équilibre stable en dépit des perturbations extérieures.
Ex: La régulation de la glycémie ou de la température corporelle.
Processus par lequel l'organisme répond aux défis extérieurs pour maintenir la stabilité (homéostasie) via le changement.
Ex: L'augmentation du rythme cardiaque et de la cortisolémie face à un danger.
Usure cumulative de l'organisme résultant d'une activation chronique ou inefficiente des systèmes de réponse au stress.
Ex: État de fatigue et de vulnérabilité après des mois de surmenage.
Axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien. Circuit hormonal central dans la réponse au stress, aboutissant à la sécrétion de cortisol.
Ex: Activé lors d'un examen ou d'une compétition sportive prolongée.
Mécanisme de régulation où le produit final d'une chaîne de réactions inhibe son propre déclenchement.
Ex: Le cortisol inhibe la sécrétion de CRH et d'ACTH.
Capacité d'un individu à retrouver un fonctionnement physiologique et psychologique normal après une exposition au stress.
Ex: Récupération rapide après un traumatisme grâce à un bon soutien social.
