Vers une agriculture durable
Et si l'avenir de notre assiette passait par la santé de notre planète ? 🌱
Introduction
L'agriculture moderne a permis de nourrir une population mondiale en forte croissance. Cependant, ce succès a un coût : épuisement des sols, pollution des eaux, perte de biodiversité et contribution au changement climatique. Face à ces défis, une question cruciale se pose : comment produire suffisamment de nourriture sans compromettre la capacité des générations futures à en faire autant ?
Peut-on continuer à cultiver comme nous le faisons aujourd'hui pendant encore 100 ans ?
1🚨 Les limites de l'agriculture intensive
L'agriculture intensive, basée sur un haut niveau d'intrants (engrais, pesticides, eau, énergie), a montré ses limites. Elle génère des impacts environnementaux majeurs qui remettent en cause sa pérennité.
Modification de l'environnement, le plus souvent négative, résultant de l'activité humaine.
L'utilisation massive d'engrais azotés peut entraîner leur ruissellement vers les rivières, provoquant une prolifération d'algues (eutrophisation) et des « zones mortes » dans les océans.
Les principaux impacts sont : l'épuisement et la pollution des ressources (eau, sol), la perte de biodiversité, la contribution aux émissions de gaz à effet de serre (GES) et la dépendance aux énergies fossiles.
Schéma illustrant comment les pratiques intensives dégradent les ressources dont elles dépendent.
- 1. Pratiques intensives (engrais, pesticides, labour)
- 2. Dégradation des sols (érosion, perte de matière organique)
- 3. Baisse de la fertilité naturelle
- 4. Besoin accru d'intrants pour maintenir les rendements
2🌿 Les piliers de l'agriculture durable
L'agriculture durable s'inspire du concept de développement durable. Elle cherche à répondre aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures. Elle repose sur trois piliers indissociables.
Mode de production agricole qui vise à assurer une production pérenne de nourriture, en respectant l'environnement, sans compromettre les ressources naturelles, tout étant économiquement viable et socialement équitable.
Les 3 piliers :
- Écologique : Préserver les ressources (sol, eau, biodiversité) et limiter la pollution.
- Économique : Assurer un revenu décent et stable aux agriculteurs.
- Social : Contribuer au développement des territoires et proposer une alimentation saine et accessible.
3🔄 L'agroécologie : des principes à la pratique
L'agroécologie est une approche scientifique qui applique les concepts de l'écologie à l'agriculture. Elle utilise les processus naturels pour renforcer la durabilité du système, en réduisant la dépendance aux intrants de synthèse.
Ensemble de pratiques agricoles qui s'appuient sur les fonctionnalités offertes par les écosystèmes. Elle vise à optimiser les interactions entre les plantes, les animaux, les humains et l'environnement.
La rotation des cultures (blé, légumineuse, colza) permet de limiter les maladies, d'enrichir le sol en azote grâce aux légumineuses, et de réduire le besoin en engrais.
Parmi les pratiques clés :
- Couverture permanente des sols : pour limiter l'érosion et favoriser la vie du sol.
- Association de cultures (complémentarité).
- Gestion intégrée des ravageurs : favoriser les prédateurs naturels plutôt que les pesticides.
- Recyclage de la biomasse (compost, paillage).
4⚖️ Évaluer et choisir : le défi de la transition
Passer d'un modèle à un autre n'est pas simple. Il faut évaluer les performances d'un système agricole de manière multicritère, au-delà du seul rendement.
Les indicateurs de durabilité incluent : le bilan carbone, la consommation d'eau, l'empreinte sur la biodiversité, la consommation d'énergie, la qualité des produits, la viabilité économique et le bien-être social.
La transition vers la durabilité est un processus long qui nécessite :
- De l'innovation technique (outils de précision, nouvelles variétés).
- Un accompagnement des agriculteurs (formation, conseil).
- Un soutien économique et politique (aides, recherche).
- Une évolution des comportements des consommateurs.
Méthode pour évaluer les impacts environnementaux d'un produit, de la production des intrants à son élimination.
- 1. Production des intrants (engrais, fuel)
- 2. Culture
- 3. Transport
- 4. Transformation
- 5. Distribution
- 6. Consommation
- 7. Gestion des déchets
Vocabulaire
Développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs.
Ex: Une forêt gérée durablement permet de couper du bois tout en assurant sa régénération.
Approche agricole utilisant les concepts de l'écologie pour concevoir des systèmes de production durables.
Ex: Planter des haies pour abriter des auxiliaires des cultures est une pratique agroécologique.
Partie de la biodiversité (végétaux, animaux, micro-organismes) qui rend des services utiles à l'agriculture (pollinisation, régulation des ravageurs, fertilité des sols).
Ex: Les vers de terre, en creusant des galeries, améliorent la structure du sol : c'est un service écosystémique.
Capacité d'un système (ex: une exploitation agricole) à absorber une perturbation (sécheresse, maladie) et à retrouver son fonctionnement.
Ex: Un système diversifié (plusieurs cultures, animaux) est souvent plus résilient face aux aléas climatiques.
Élément extérieur introduit dans l'agrosystème pour en assurer le fonctionnement (engrais, pesticides, semences, eau, énergie).
Ex: Réduire la dépendance aux intrants de synthèse est un objectif de l'agriculture durable.
Bénéfice que les humains retirent des écosystèmes (ex: pollinisation des cultures, purification de l'eau, formation des sols).
Ex: L'agriculture durable cherche à préserver et à utiliser les services écosystémiques.
